Historique

Petite histoire de la montagne et de l’escalade en Auvergne…

 

Création du Club Alpin Français en 1876 à Clermont Ferrand avec notamment le patronage de Georges SAND, qui a été séduite par les montagnes des massifs volcaniques auvergnats. L’activité des membres relève cependant plus de l’excursion à pied, en vélo ou même en voiture que de l’escalade. En hiver, dès 1910, la pratique du ski est bien implantée aussi bien dans le massif du Sancy que dans le Cantal (Besse avec l’abbé Blot et le Lioran avec les championnats de France en 1907). Il faut aussi noter la pratique de l’alpinisme hivernal avec le parcours des couloirs du Ferrand et du Puy Mary par les chantres de l’alpinisme sans guide dans l’immédiat après guerre, notamment Henri de Ségogne. Toutefois ces jeunes alpinistes parisiens, qui s’illustrent alors dans les Alpes ne sont que de passage en Auvergne.

 

Les activités de plein air en Auvergne : une région pionnière et attractive

 

Notons le dynamisme de l’Auvergne en parcourant les revues du CAF et du Touring Club de France. Fréquemment apparaissent des articles sur le ski, le canoé et le camping dans la région. Il faut souligner que cette région est pionnière avec l’implantation en 1937 du téléphérique du Mont Dore et la création les mêmes années du camping du lac Chambon, un des premier de France. Sachant que les pratiquants sont déjà « multi-actifs », les alpinistes pratiquant le canoë et vice versa, cela démontre un dynamisme certain des activités de plein air dans le Puy de Dôme .

 

La Dent de la Rancune est en Auvergne le symbole de l’inaccessible

 

Courtisée par des grimpeurs de Bourgogne et des grimpeurs locaux, elle est aux frontière de l’inaccessible : le mythique 6°. Il faut le passage d’un alpinistes briançonnais, en 1942, pour accéder au sommet du monolithe. Lallemand, venu de Briançon pour les chantiers de jeunesse, maîtrise des techniques d’escalade inconnue en Auvergne : l’escalade artificielle. Perfectionnée par les grimpeurs italiens et allemands dans les Dolomites, cette technique permet en étant assuré de forcer des passages d’une difficulté supérieure au niveau technique moyen actuel des meilleurs, à savoir le 5°.  A cette époque (1942) est crée la FFM, dans le cadre de la structuration par l’état du mouvement sportif. Cependant, dirigée par le président du CAF, cette institution est consacrée aux expéditions lointaines avec comme figure de proue Herzog et la réussite à l’Annapurna en 1950, symbole du renouveau de la jeunesse française après Pétain.

 

Les premiers guides au milieu des années 70

 

Les premiers prémices de l’apparition de l’escalade en Auvergne, avec des Auvergnats en tête, datent de cette époque. D’autres voies sont parcourues à la Rancune, ouverte notamment par Denis Collangette, JP Constant (La Classique et la Bobo en 66 et 67), Bernard Madoeuf et Jean Pierre Frachon (voie Russier et face nord en 71 et 74). Sous l’égide du CAF il élabore un premier topo en 1973.  Ils sont, avec d’autres, les noyaux d’une dynamique alors sans précédent dans notre région. Les foyers où se concentre cette activité sont alors, premièrement, le Massif du Sancy (Rancune et Crète de Coq) et quelques années plus tard les gorges du Bès (1982).

 

Dans le Puy de Dôme les grimpeurs qui se regroupent de manière informelles inaugure des lieux « d’entraînement » à proximité de Clermont Ferrand : Cournols, Enval, le Rivalet, Chateauneuf les Bains et Ceyrat. Le niveau des auvergnats progresse et Denis Collangette devient le premier guide auvergnat, s’attachant à développer les activités de l’alpinisme en Auvergne. En 1980, l’escalade n’est pas encore séparée de l’alpinisme…institutionnellement parlant. Le CAF regroupe alors sous sa bannière tous les montagnards : grimpeurs, randonneurs et autres « crapahutteur »…Les différentes activités de la montagne cohabitent au sein du CAF et de la FFM.

 

Depuis 1980, en Auvergne, le terrain de jeu s’étoffe avec l’explosion des sites naturels

 

 Ce n’est pas un réveil des volcans mais bien une vague d’équipement et de prospection des rochers auvergnats.

 

Une précieuse source est le premier topo des sites auvergnats où sont recensés les sites les plus notoires, édité par le comité régional de la FFM en 1983. Cet ouvrage décrit 18 sites d’escalade en Auvergne. Le nombre de voies et de sites augmente sensiblement. C’est l’explosion de l’escalade sportive avec notamment, au niveau national, sa médiatisation par les émissions comme les « carnets de l’aventure ». Tous les départements sont alors touchés par cette vague d’équipement effectuée par les grimpeurs « locaux », bénévolement. Ainsi dans le massif du Sancy apparaissent le Capucin, dans l’Allier le rocher de Lignerolles, en Haute Loire le rocher de Chamalière et dans le Cantal toujours les Gorges du Bès.

 

En 1988 est créé le comité départemental FFME du Puy de Dôme. Une dynamique d’escalade sur falaise est amorcée. De même dans les autres départements où des plan d’équipements départementaux des sites naturels sont élaborés en relation avec les collectivités locales, l’état et les comités départementaux. C’est à cette époque que sont équipés ou rééquipés la plupart des sites auvergnats. Ainsi Chateauneuf les Bains, le Roc d’Hozières et tous les autres ( voir état des lieux des sites naturels plus dans les pages suivantes).

 

Cette vague d’équipement, avec l’aide des collectivités territoriales : Conseils Généraux, Conseil Régional, Communes et les services de la Jeunesse et des Sports, s’achève au milieu des années 90.

 

Désormais il convient d’entretenir ce patrimoine qui en Auvergne, climat aidant, est menacé par les mousses, lichens qui reprennent vite leur droit lorsqu’une voie n’est pas régulièrement parcourue…

 

Les structures fédérales :

 

Dans la foulée de la dynamique d’équipement des sites d’escalade « sportives », se structure le mouvement associatif au début des années 80 . 

 

En 1983, le comité régional de la FFM regroupe ainsi 6 associations :

  • Dans le Puy de Dôme il y a le CAF, le Groupe montagne de Chamalière, jeune et montagne et le GAG.
  • Dans le Cantal il ya Le Club montagne du Haut Cantal,
  • Dans l’Allier il y a Amitié Nature à Montluçon.

 

Ainsi, le comité régional de la  FFM regroupe au coté du CAF auvergne 5 autres associations déclarées de grimpeurs. Ces associations travaillent de manière constructive afin de regrouper les fonds nécessaire à la publication d’un topo guide. Notons qu’en Haute Loire il n’y a pas de club.

 

En 1986, 1987 , des scissions au niveau national entre la FFM et la FFE et le CAF provoquent certainement quelques remous au niveau régional. Ce n’est qu’en 1988 qu’apparaît le comité départemental FFME du Puy de Dôme. Dès le début des années 90 les clubs se structurent et créent dans chaque département des comités départementaux. Le comité régional FFME se reconstitue alors.

 

· Les premiers murs d’escalade apparaissent (à Clermont le mur du Clermont Université Club en 1988),

 

· Les premiers emplois générés par l’escalade : l’activité se structure essentiellement dans le Puy de Dôme une réelle dynamique permet au nombre de clubs d’exploser (20 clubs en 1995). Cela permet à ce comité d’embaucher un puis plusieurs salariés à partir de 1995. L’exemple du Puy de Dôme est repris en Haute Loire avec l’embauche d’un salarié mais des tensions entraînent la suppression du poste,

 

· Les premières manifestations compétitives et autres  : en 1994 est d’ailleurs organisé le premier « rallye » d’escalade dans le Puy de Dôme. Le projet d’une salle d’escalade est porté devant les collectivités dès 1990… (voir monographie de ce comité dans les pages suivantes). Les premières formations fédérales ont lieu, encadrées par les nouveaux guides auvergnats : notamment Denis Collangette et François Pallandre. Les premières compétitions fédérales d’escalade de difficulté sont mises en place (premiers championnats régionaux et premiers départementaux en 1997).

 

Les sportifs de haut niveaux auvergnats :

 

En Alpinisme :

 

Même si le haut niveau n’est reconnu que depuis peu avec la mise en place du groupe « haute performance », il est cependant possible de mentionner les personnes qui ont accédé au diplôme de guide de haute montagne, qui témoigne d’un niveau de compétence reconnu. Ainsi Denis Collangette, Jean Pierre Frachon, François Pallandre, Frédéric Vimal et Patrick Bérhault et Antoine Cayrol sont parmi les premiers guides auvergnats.  Vimal et Bérhault ont réalisé des performances les mettant sur le devant de la scène de l’alpinisme de haute difficulté. A ce jour, le panel des guides et aspirants auvergnats s'étoffe avec la présence sur le territoire de Gaylord Dugué, François Lesca, David Vigouroux, Zsolt Osztian.

 

En escalade sportive de difficulté :

 

Laurence Guyon est la première compétitrice a atteindre dans les années 1995 le niveau mondial (vice championne du monde). Peu après, Ludovic Laurence gagne une coupe du monde de difficulté. Toutefois il apparaît que face au progrès des compétiteurs des autres régions, il est quasiment impossible pour les jeunes auvergnats de s’entraîner dans cette discipline, faute d’équipement sportif.

 

En escalade sportive de bloc :

 

La « spécialité » auvergnate, sans doute en partie « grâce » à Casamur, l’outil d’entraînement mis en place par le comité du Puy de Dôme. Ainsi depuis quelques années s’illustrent trois sportifs auvergnats en équipe de France : toujours Ludovic Laurence avec Stéphane Julien et Julien Méral.