Les Jeunes Alpinistes Auvergnats aux Piolets Jeunes (Chamonix)

Quelques photos : ici

 

Voilà, nous sommes vendredi, 15h30. Rendez-vous avait été entendu avec Mado, qui déjà s'était occupée de récupérer Emma, Florent, près de Thiers.

Alice s'étant désistée depuis quelques jours, elle nous indique que malheureusement Etienne s'est fait une entorse, et donc lui non plus, ne participera pas à la manifestation. C'est dommage!

 

Ceci étant, direction Chamonix. 3 petites heures de route, plein de sujets à débattre et histoire à se conter, nous voici arrivés à l' UCPA rempli pour l'occasion de jeunes de tous bords et d'origines différentes, mais tous là pour aller au plus près de ces sommets mythiques et découvrir pour bon nombre les activités montagne.

A peine le temps de stationner la camionnette, et Mado est déjà partie à la pêche aux informations... Chambres réservées, horaires de débriefing, constitution et organisation de groupes... et nous voici réunis autour du repas et c’est donc l'occasion de définir enfin quels seront nos objectifs pour ce We.

Le temps d'être salué par le président de GHM et organisateur de la manifestation, Christian Trommsdorff, (je suis encore impressionné par son air débonnaire devant les exploits qu'il a pu réaliser au cours de ces expés), et nous voici plongés sur notre journée de samedi. Emma et Flo ayant déjà une expérience marquée, notre petit groupe est placé dans la catégorie des autonomes: ce qui signifie, libre de toute contrainte et d'encadrement par un guide pro.

La météo Chamoniarde étant quelque peu contrariante, avec un samedi annoncé plutôt perturbé, et un dimanche plutôt pas mal, nous décidons de dériver vers Les Grands  Montets et d'aller au sommet de la Petite Verte. J'avais étudié un peu le topo durant la semaine et l'objectif me semblait approprié; Traversée d'un glacier crevassé, remontée en pente de neige, franchissement de rimaye, arête neigeuse, puis mixte et enfin sommet sur rocher avec un pas de III sur l'antecime. Retour par le même itinéraire. Un bon moyen de nous préparer pour notre objectif du dimanche: l'Arête des Cosmique.

Par acquis de conscience, nous croisons Medy, un aspi de Vallorcine, à qui nous faisons part de notre choix qu'il valide instantanément, puis nous indique que si la météo n'est pas bonne de filer sur l'Arête du Belvédère des grands Montets. Un regard sur C2C, avec Michel, pour consulter l'itinéraire, un petit consortium sur la constitution des sacs pour le lendemain, et nous voici prêts à aller prendre un repos salvateur. Rdv demain matin  à 7 heure pour le petit déj.

 

Samedi, 7 heures: Emma et Flo nous attendent. En tenue, les sacs prêts, et une motivation communicative. C'est génial, non?? Vérification pour voir si tout est OK, un petit coucou à Mado, qui elle part vers l'atelier qui lui a été confié, et nous voici tous les 4 en route pour rejoindre Argentière.

9 heures dans la benne, 10 heures au col des Montets, crampons aux pieds et piolet en main. Malheureusement, la météo n'est pas aussi motivée pour l'heure! Le champ de vision est d'environ 20 mètres vers le haut, un peu meilleur en regardant sous le col. La décision est vite prise, on ne connaît pas la course, 10 à 15 cm de fraîche ont recouvert la trace, ce sera le plan B.

Nous descendons donc sous le col puis découvrons au fur et à mesure l'arête qui se dessine sur notre gauche. Superbe, verticale, et aérienne à souhait, on se retrouve au pied de la première des 4 longueurs de mixte que constitue le 1er ressaut. Michel étant encordé avec Florent, s'engage sur un passage un peu plus raide. Plus prudent, je pars dans un petit couloir neigeux, direction le fil de l'arête. Recherche de l'itinéraire, pose de friends, de coinceurs, constitution de relais, nous évoluons dans un terrain vierge d'équipement. Emma est très à l'aise, le pied sûr, nous progressons rapidement.

Michel et Flo, avec qui nous communiquons par radio, ont repris notre trace et se trouvent juste derrière nous. Rdv au sommet du 1 er ressaut!

Pendant ce temps, le plafond est descendu pour laisser place au soleil et laisser apparaître devant nous les faces nord des Drus et de la Verte. Simplement ENORME....!!

Il est environ 12h00. Nous avons fait un peu plus de la moitié la course. Une petite traversée en neige puis on reprend notre ascension par des pentes plus raides et plus effilées. Emma me retrouve au 1er relais lorsque le silence est soudain troublé par le bruit d'un hélicoptère en approche. C'est le PG qui longe l'arête. A notre vue il vient s'immobiliser en stationnaire à quelques mètres de nous, dans l'attente du geste d'assistance. Le bon moyen pour nous de mettre en application un exercice de formation. Cela reste quand même impressionnant.

Nous reprenons notre course pour finalement rejoindre le sommet et le Belvédère des Grands Montets. Florent en a profité pour passer devant Michel et agir en tant que 1er de cordée. Il est un peu plus de 13 heures. Quelques vivres pour reprendre des forces, quelques minutes pour profiter du panorama, et décision est prise de filer rejoindre l'épaule de la Petite verte que nous voyons parfaitement bien maintenant. Nous savons pertinemment que le temps sera restreint pour atteindre le sommet, mais l'idée reste d'atteindre au moins le col. Emma se lance devant. A elle de régler la longueur de la corde, de caler la vitesse de progression et de nous faire évoluer sur un terrain glacière recouvert de neige. Arrivés à la rimaye, bien bouchée à cette époque de l'année, la pente se redresse pour atteindre 55 à 60°. Encordement à 2 mètres et un court passage en glace, nous voici déboucher sur l'arête. Il est 15h30. La dernière benne, elle, est à 16h40. Il est temps de redescendre. Le petit passage en glace va sûrement nous poser un petit problème. Pour le jeu, Michel propose de poser un rappel. Un superbe petit rocher surplombe la descente. Parfait pour constituer un nœud de Dufour.

Attention, précaution pour la mise en place et la descente sur 1 brin, nous rejoignons le bas de la rimaye. Nous avons durant tout ce temps prodigué à nos jeunes la sécurité dans l'évolution en ce milieu, et alors que nous allons reconstituer  nos cordées pour reprendre notre descente, un imprudent skieur se lance au-dessus de nos têtes dans la pente surplombant la rimaye, déclenchant au passage la rupture d'une plaque neige d'une trentaine de mètres de large. Elle glissera sur 200 mètres environ, à une vitesse folle, juste à quelques longueurs des pieds de Florent et Emma. Un frisson m'a traversé le corps. Mais mieux vaut vite filer. Le manteau est en train d'évoluer...

Retour à  Argentière. Nous sommes heureux. La journée a été riche d'enseignements et d'engagement. Nous sommes à Chamonix… On l'a joué vrai!!!

18h00 à l'UCPA, douche, séchage des vêtements, et regroupement de tous les participants pour aller visionner quelques films et découvrir les activités de certains groupes au sein de leurs structures. L'ENSA sera notre lieu d'accueil. 20h00 Retour pour le repas.

La météo a une nouvelle fois évolué. Le beau annoncé pour dimanche n'est plus vraiment. Il va falloir quand même se fixer un plan B au cas où l'Aiguille du Midi conserve son sommet dans le brouillard demain. Je propose de se rendre sur la mer de glace, trouver une belle bédière, et se faire de la cascade de glace. Bien sûr, l'Arête des Cosmique serait mieux, mais j'ai bien aimé la petite étincelle que j'ai vu apparaître dans les yeux de Florent lorsqu'on a parlé cascades.

 

Et effectivement, après une nuitée agitée par une alerte incendie à 1h00 du matin, qui au passage n'a en aucun cas perturbé le sommeil de notre cher Florent (sacré dormeur...), le dimanche s'avère bien bouché sur les sommets. Cela me sera confirmé par un skieur plus tard venant de la Vallée Blanche. Va pour la cascade... Direction la gare pour s'engouffrer dans les wagons du petit train à crémaillère et rejoindre le Montenvert et la Mer de Glace. Voilà près de 15 ans que je n'y avait pas remis les pieds. L'épaisseur, ainsi que les panneaux indiquant les hauteurs successives qu'ont pu atteindre le glacier me laisse songeur sur la rapidité de la fonte et l'érosion. Cela va vite, très vite.

Nous nous engageons sur le glacier derrière un des groupes de la manifestation en direction de la "Salle à Manger". Après une bonne heure de marche, et alors que le groupe s'arrête pour prendre une pause, nous en profitons pour retrouver notre autonomie et trouver un endroit tranquilles pour pratiquer notre activité du jour. Nous trouverons notre bonheur 500m plus haut. Une belle face en glace sorbet d'une dizaine de mètres de haut, un tantinet déversant sur le haut. Parfait pour s'entamer les mollets et les avants bras. Un bon rocher pour poser un relais, et nous voici au fond de notre bédière.

Quelques rudiments de progression, et Emma se lance... C'est physique, mais elle s'en sort magnifiquement. Du haut de ses 15 ans, quelle maturité!!

Florent, à son tour se lance, appliquant au mieux les explications que nous avons pu apporter. Les sensations sont bonnes. Mais on ressent l'engagement de cette pratique.

On durcit l'exercice en y ajoutant la pose de broches et la progression en tête. Nous avons pris soin de contre-assurer par le haut pour les rassurer.

Le temps de quelques allers retours sur la paroi, il est déjà 13h00. On prend encore un peu de temps pour s'exercer à la confection d'Abalakov, de grignoter sur le pouce et nous consacrons la dernière heure à la réalisation d'un mouflage. Notre victime, un parfait morceau de granit de 30, 35 kilo solidement attaché en bout de corde, sera parfaite. C'est Florent qui s'y colle! Michel se charge de donner un peu d'élan à la pierre pour la projeter dans la crevasse et déjà Florent, qui fort justement s'est jeté au sol avec le piolet sous la poitrine, pare la chute de ce second bien peu communicatif.

Il va falloir poser un corps mort!! Et là, mes amis, ce n'est pas de la neige fraîche, bien au contraire! Florent devra gratter la glace pendant plus d'un quart d'heure pour y faire pénétrer l'ensemble de son piolet, sans compter l'attraction de se fortuit second accroché à son  baudrier. Qu'il fût lourd au bout de 5 minutes... Mais bon, le corps est en place et du genre solide. Malheureusement le temps passe décidément trop vite. Nous allons devoir mettre un terme à notre exercice, et même si nous avons fait remonter le pavé, il a donné lieu à des discutions sur la constitution du mouflage. Ce sera un point à revoir!!

Un dernier regard du côté des Grandes Jorasses, et de la Dent du Géant qui malgré les larges apparitions du soleil, ne nous laisseront jamais entrevoir leurs sommet aujourd'hui, nous entamons notre descente vers la gare du Montenvers. L'ambiance est au réchauffement et les chutes de pierres parfois impressionnantes par leurs volumes se multiplient tout au long de la moraine. Nous éviterons soigneusement de faire comme ce petit chamois insouciant en balade dans ces couloirs instables. Nous voici arrivés au pied de la remontée vers les cabines. Une bonne centaine de mètres d'escalier à gravir... Aller, on jette nos dernières forces dans l'exercice, histoire de s'en mettre encore un peu dans les cannes... sans s'arrêter!!

 L'ice Tea, Orangina, et autres Coca que nous dégusterons au bar de la Gare avant de redescendre seront notre récompense.

Voilà le We touche à sa fin. On retrouve notre pétillante Mado, qui s'est occupée de son côté d'encadrer un groupe de raquettistes, un petit 1/4 d'heure de pratique sur la Short Line installée sur notre lieu de résidence, un salut bien chaleureux de l'ensemble des encadrant, et nous voici sur la route du retour. 3 heures remplies à nouveaux de discutions diverses et de projets en tous genre.

Décidément, nous avons toujours quelque chose à dire. Nous voici arrivés à Andrézieux. Un terme pour Michel et moi. Reste à Mado le retour vers Clermont, avec en prime, brosse et aspirateur, pour remettre le véhicule loué en bonne et due forme (et on connaît Mado pour faire les choses à fond), à Emma de rejoindre Yzeure, et Florent, Cusset. Quel bon moment cela aura été. Un chouette petit groupe comme diraient certains!!

J'espère qu'il en fut de même pour nos JAA. Mais les larges sourires que leurs jolis minois ont laissé transparaître valent bien tous les mots du monde....

MERCI, MERCI à tous; MADO, JEAN-JEAN, GG, JEAN LUC, THIBAUT, MICHEL, YVES ainsi qu'EMMA, FLORENT, ALICE, ETIENNE et tous les autres. Ne changez rien!

Pour terminer, je vous remercie de me faire grâce des quelques ratés orthographiques, mais c'est le contenu qui compte, n'est-ce pas, et de méditer sur cette belle citation de Rebuffat qui me tient à coeur: «La montagne est bien plus belle dans le regard de celui qui t'accompagne".

 

A très bientôt.

 

Oliv.

 


Ajouté le 22/04/2015 par Agent de développement -